Il y a un an, Google lançait au Canada son programme destiné aux agences, Google Engage for Agencies, offrant des services particuliers et du support accru pour ses produits dont notamment AdWords. En aidant les centaines de petites agences canadiennes spécialisées dans l’optimisation pour les moteurs de recherche (SEO) et le marketing de moteur de recherche (SEM), Google espère qu’en bout de ligne ses clients auront du succès dans leurs campagnes et ainsi indirectement augmenteront leurs achats d’AdWords. Après un an, il était temps de faire le point.
Un premier panel sur la performance
De nombreux invités ont pris possession de la Galerie Gora sur Sherbrooke à Montréal dans une ambiance décontractée et remplie de surprises à la Google. Une fois le hangout lancé avec les évènements simultanés à Toronto, Calgary et Vancouver, un panel composé d’Élazar Gabay (@Gabay) de Lesite, Jean-François Renaud (@jfrenaud) d’Adviso et de Chrystian Guy (@cguy) du Groupe DAC a pris place pour débattre du marketing de performance et de leurs pratiques respectives en agences.
D’un avis général, le Canada et le Québec en particulier sont petit à petit en train d’acquérir de la maturité en terme de marketing de performance en ligne mais demeurent encore bien loin derrière l’Angleterre championne en la matière. Les médias digitaux souffrent encore des nombreuses idées reçues sur l’informatique et le web. Comme le faisait remarqué à très juste titre Chrystian Guy, du fait que tout soit mesurable par le biais de nombreux outils informatiques à notre disposition, rien ne leur est pardonné comparativement aux médias traditionnels.
Jean-François Renaud relevait également que de nombreux clients ne produisent pas assez de contenu, ce qui devient un obstacle important lorsque vient le temps de mettre en place des stratégies avec les entreprises. La production régulière de contenu pertinent constitue alors la première étape à mettre en place, une habitude qui peut prendre du temps avant de porter ses fruits.
On retiendra également qu’encore un nombre conséquent d’affichage est fait de manière inapproprié car beaucoup de clients ne savent pas ce qu’ils doivent acheter et des nombreuses agences ne savent pas ce qu’elles doivent vendre ayant une certaine méconnaissance de la gamme des outils et techniques proposés par les produits Google. Ainsi comme on peut le constater un travail d’éducation reste à effectuer à tous les niveaux, clients comme agences doivent savoir se remettre en cause pour aller plus loin ensemble.
Finalement, des nombreuses questions soulevées par l’assistance on retiendra la réflexion sur l’importance de personnes spécialisées en stratégies digitales dans les entreprises. Jean-François Renaud résume assez bien l’avis sur la question en mentionnant que ce n’est pas forcément la taille de la compagnie avec qui l’ont fait affaire qui est important mais plutôt son état d’esprit et sa philosophie vis-à-vis du web. La réflexion doit s’intégrer dans une stratégie plus large. Plus il y aura de gens dans l’entreprise comprenant le web, plus le travail des agences sera facilité et moins il faudra se battre pour obtenir un budget afin de faire fonctionner les campagnes. Les absents aux tables de décisions ont bien souvent tort.
Des chiffres et des tendances
Dans un deuxième temps, Google nous a fourni de nombreuses données sur l’audience canadienne en ligne ainsi que les recherches mobiles, fruits des dernières études réalisées notamment avec Ipsos et de Comscore. On en retiendra que:
- Les Canadiens passent en moyen 17 heures par semaine sur le web.
- 93% des Canadiens recherchent de l’information sur des produits, services en ligne.
- 64% des Canadiens ont un profil sur un réseau social.
- Sur les 4,8 milliards de recherches par mois au Canada, 15% proviennent du mobile.
- La publicité traditionnelle entraîne des recherches mobiles, 57% des Canadiens ont effectué une recherche mobile après avoir vu une annonce.
On ensuite pris place des sessions de discussions en groupe afin de réfléchir sur ces données, sur la place du Québec comparativement au reste du Canada et ce que nous réservait les 5 prochaines années.
Il se dégage que le Québec se classe très bien dans l’ensemble, arrivant deuxième province derrière l’Ontario. Comme il était déjà ressorti précédemment les agences vont devoir être pédagogues avec l’accélération et la multiplication des offres, des services et des possibilités qui s’offrent à leurs clients. « Educate and Inspire » comme le disent si bien nos collègues de Calgary.
Concernant le mobile, les clients sont là mais ne sont pas encore sûr de la position à adopter vis-à-vis de ce dernier. Nous sommes face à une opportunité à saisir. Afin de dissiper les doutes, c’est aux agences qu’échoit la responsabilité d’exploiter ses nouvelles habitudes des consommateurs et surtout d’améliorer la manière de les présenter et de les mesurer afin de changer la perspective des clients et de leur montrer comment intégrer à part entière le mobile dans leur stratégie globale.
Avant de se laisser sur une note joyeuse grâce à un concert de choristes par hangouts et un gâteau multicolore, un consensus à travers l’ensemble de l’assistance canadienne se fait sur l’avenir de notre domaine à moyen terme. Il faudra miser sur l’apparition d’une publicité plus pertinente car plus personnelle et interactive notamment par le truchement de la télévision et des panneaux urbains, du « microsocial » essentiellement grâce au crowdsourcing qui sera toujours plus poussé à donner du sens par la curation du contenu et sur une plus grande synchronisation des nos expériences au travers des plateformes technologiques qui vont être amenées à se multiplier.
« …Celebration now come on! »


